Desert blanc...

        Je suis allé a Bahariya, j'y ai fume la chicha avec mon ami bédouin. Je me suis restaure, nous avons but le thé, partage le pain balladi, les dattes et les regards. Et puis nous avons repris la route des grands espaces. Il m'a fallu 10 mois pour accepter de venir dans ce désert, dans ce coin où elle vit. Nous avons beaucoup roule et dresse le campement au couche du soleil. Et la j'ai pris ma marche, avec mon guide, au lever de lune, dans ce désert blanc presque irréel et fantasmagorique. D'astre en astre, j'ai marche ma nuit blanche, dans ce sable lacté, sous ce ciel laiteux, sous l'oeil placide de la lune qui allongeait les ombres sur le sol. J'ai rencontre le lapin géant, la poule silencieuse, des monstres muets. Je voulais parler au renard, lui raconter mon coeur, avoir son avis. Seul le fennec discret suivait la trace de ce drôle de funambule hors du temps.

    Et je l’entendais me chuchoter ;< Tu sais bien, le renard n’est pas d’ici ! Il aurait trop chaud avec ses oreilles si petites et sa fourrure épaisse. Ici il n’y a pas d’arbre, pas d’ombre, pas de poule. Il s’ennuierait. Tu veux parler a mon cousin, oublie le, il ne connaît pas nos histoires.> 

Mes pieds nus absorbaient les petits pics des coquillages fossilises, comme un rappel a la vie. Me croyant un être au dessus du temps je n'en avais pas mis mes chaussures...Escarpins, escarmouches, escarbilles. De petites blessures insignifiantes me ravivaient mes longues foulées de félin à la recherche de ma lionne, de Cassiopée, de mon étoile filante, de mes rêves célestes. Où est passe la civilisation? Ici ne vivent que chimères et fantômes de nuits.

 

 

Aux portes du Fayoum…

< - Et voilà, je suis parti pour ma première expérience de désert vécu seul. Enfin presque, avec un vieux> chauffeur sympa, M, Eizat, qui connait la route des sites archéologiques. Il fallait le dénicher celui là. Au petit matin nous voila partis vers les pyramides pour prendre la route du Fayoum, sans trop vraiment savoir ce que j’allais découvrir, et comment ! Apres les embouteillages de la sortie du Caire, la route est libre et déjà luisante de soleil. Peu de monde, on est en semaine et ils annoncent 40 à l’ombre. J’aimerais partager ce moment d’adrénaline, de liberté vers l’aventure. Après deux heures de route bien menée, nous nous arrêtons pour visiter la cité Ptolémaïque de Kranis, enfin, ce qu’il en reste.

  Ici , il faut savoir accepter certaines invitations et prendre le temps de vivre ! Je me retrouve ainsi au petit déjeuner d’un groupe de militaires. De cet imprévu, je déguste un ful à la tomate délicieux, accompagné de pain balladi cela va de soi. Le thé de l’amitié ne manquera pas au tableau. Je suis le seul étranger perdu dans ce bled ce matin là. Je fais donc ma visite accompagné par trois de mes acolytes, la mitraillette sous le bras. Ils sont sympas et je ne prête plus attention à certaines choses. L’armée est partout, c’est un site protégé ! Ma route de peintre sur la route de la soie greco-egyptienne par le plus simple des hasards me replonge au cœur de cette cité antique et des vieux murs naissent des couleurs et montent des musiques. Je ne fais pas part de mes pensées à mes compagnons. Ils me prendraient pour fou… Que je suis peut-être ! Un régal pour moi et ma mémoire que cette vieille ville de Kranis. J’imagine les belles dans leurs bains, ou dans les palais, le pain dans le vieux four… Nous reprenons notre route et le désert nous avale de nouveau.

   Et puis le paysage change et devient verdoyant de palmiers, de manguiers et d’oliviers.  Nous sommes à l’approche des rives du lac de Qarun, qui s’étale sur près de 60 km . La mer comme il disent ici, < The Sea !>  Entre brume du matin, barque de pêche, roseaux, plage de sable, corniches, petites auberges, le paysage change sans arrêt et me dit déjà qu’il faudra revenir, mais l’appel du désert veut que je continue cette route bordée de monastères coptes, et de scènes de vie de campagne. Une irrésistible énergie me pousse à descendre voir le Wadi El Rayan et ses 40 millions d’années d’histoire de la vie de la terre.. Je rêve déjà de voir le désert des baleines et ses falaises magnifiques…

   Nous quittons donc les rives du lac Qarun et le désert très vite nous avale de nouveau, comme un ogre géant insatiable qui reste le Maître des lieux…La lumière intense nous plisse les yeux. La route est rectiligne comme un trait de crayon sur ce calcaire blanc, et le sable cherche à la manger. Nous apercevons enfin le premier lac du Wadi el Rayan. Nous le contournons pour atteindre la rive du deuxième lac, en suivant une dune dorée sur le calcaire blanc qui serpente sur plusieurs kilomètres. Les dimensions et le temps dépassent ici la mesure humaine. Nous faisons une pause pique-nique au bord du lac, à l’ombre de paillotes de feuilles de palmiers. Le ciel, le désert, l’eau du lac se confondent ! Il n’y a plus de ligne d’horizon. La chaleur fait danser ses mirages. L’eau bouge à peine ! Peut de bruit, le bruissement du souffle d’air et le lointain écho d’une musique orientale d’un couple installé à l’ombre d’un palmier. J’étudie la carte, je crains les kilomètres. Et mon chauffeur pense au retour, sagesse ! Je veux aller voir plus loin… Nous pousserons jusqu’au  < El Mudawara mountain > … Je sais que je suis fasciné par le paysage, les canyons, ces strates géologiques et je sais que nous ne pouvons aller plus loin vers le désert des Baleines < Valley of the Whales>. Notre véhicule n’est pas équipé, et il reste 40 km . de sable fin et d’embûches avant ce trésor de l’humanité. Si près, je rage intérieurement, ce sable me piège encore ! Mais raisonnablement, j’étais conscient que ce ne serait pas possible aujourd’hui. Une carte reste ce qu’elle est, la nature grandiose est maîtresse et l’on doit s’incliner. Seule la sagesse permet de revenir du désert… Je dégusterai encore mieux cette découverte une autre fois, Je me suis ouvert la route…

   Nous reprenons notre périple sous la réverbération qui doit bien monter à 50 degrés , rouler fait de l’air ! Après 1 heure de désert de plénitude, nous rattrapons la campagne du Fayoum et mon chauffeur veut me faire voir la ville du même nom. Pendant qu’il se repose, j’arpente les rues, me restaure de bananes, et je fais des achats que je n’avais pas le temps de faire au Caire. J’observe de femmes en gallabeyas noires, avec la coupe de glaces à la mains. Images décalées !Comme moi ici ! Je charge mes achats dans la voiture et nous repartons. Direction la pyramide  ronde < D’Hawwara >, encore l’époque ptolémaïque qui me suit. On commence à penser aux kilomètres. Et à la « benzine ». On doit encore être à plus de 100 km . de désert au sud du Caire. Nous allons déjà faire notre visite. Encore seul ! L’Egypte est à moi comme dans un rêve. Encore les militaires ! Accueil chaleureux pour ce français qui parle un peu l’arabe et qui a des connaissances en histoire… On m’offre le verre d’eau du voyageur et de longue vie, eau puissée dans le ,< Sir >grande jarre  fraîche. Je pars faire ma visite de cette pyramide dépecée de son manteau de pierre, et qui laisse apparaître sa structure de briques de terre crue. C’est une des seules pyramides dont l’intérieur est innondé par des remontées d’eau. A côté s’étend un immense labyrinthe de deux étages à l’état de fouille. Le lieu est beau et calme, encore un endroit bien choisi par le défunt

  Je m’installe près du poste et on sympathise avec les gens du lieu, la police des antiquités. Je bois mon thé bouillant gentiment offert. Ah l’accueil égyptien ! Même le pauvre offre ce qu’il peut. On rigole, on palabre, on se détend. Je suis bien, et je pense à Siwa…Une page est tournée, mais une blessure reste… Je me tais et nous allons reprendre la route.

   Nous sortons des champs et prenons la grande route du Désert qui va directement aux pyramides de Gizah. Après 50 km , mon chauffeur me parle de benzine. Je l’avais bien compris, le niveau n’est pas haut. On roule et quand on voit une station, c’est toujours sur l’autre voie, de l’autre côté du fossé ! On finit par en rire, mais avec un petit pincement au ventre. Et on double des camionnettes de légumes du Fayoum qui vont aux marchés du Caire. Elles sont chargées comme des mules à étages ! On roule avec le vent du sud dans le dos, cela économise, et puis, Malesh ! Inch’Allah, si Dieu le veut !… Et nous arrivons aux trois grandes sœurs pour enfin refaire le plein ! Nous étions au fond du réservoir. Nous éclatons de rire < Amhdulele ! Dieu l'a voulu ! Et nous repartons tranquillement avec le sourire aux lèvres vers Zamalek . Notre destin nous a voulu une belle journée ! Avec tout juste un peu la soif du voyageur…Des images plein les yeux, sur près de 500 km . et déjà l’envie de repartir, sur les pas de   Théodore Monod, ou d’Edward William Lane… 

                Je t'avais dit que je voulais rentrer dans le grand livre de la vie et en devenir un des personnages ordinaires...Comme une délivrance, un passeport pour un voyage peut-être sans retour, un passeport vers l'infinie beauté du monde. Ma ligne d'horizon est loin, bien au-delà de la dune, de ce ciel si bleu et mon nom est devenu arabe pour ce voyageur là.  C'est peut-être un des miracles du prophète, mais c'est sûrement le livre des évidences, ce grand livre de la vie dans lequel j'ai choisi de devenir un personnage ordinaire, un djinn fleurtant avec le vent et les règles de la sagesse. On me dit beau poète, on me dit prince oriental, on me dit artiste au grand coeur, peintre créateur, on me dit Don Juan, les femmes aiment ma compagnie et m'entourent, me cajolent, me flattent, m'embrassent tendrement, mais moi, j'ai choisi de partir vers mon pays des rêves, au-delà de la poussière.

X. Shideed…

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Mon ami Talat,

 un < Prince des sables >

Charmeur, oriental, un amoureux de son desert...